Les syndicats de magistrats disent voir dans la décision d'un juge d'instruction de renvoyer l'ex-président Jacques Chirac en correctionnelle la preuve de la nécessité de conserver cette fonction de magistrat indépendant, que l'Elysée veut supprimer.
Ils ont souligné que, dans cette affaire, le procureur, que l'Elysée voudrait voir remplacer les juges d'instruction dans les enquêtes complexes, avait demandé un non-lieu.
"(La décision de la juge Xavière Simeoni) est un exemple assez remarquable de ce que nous ne pourrions ne plus avoir dans un futur proche", a déclaré à Reuters Christophe Régnard, président de l'Union syndicale des magistrats, majoritaire.
"S'il n'y avait pas eu de juge d'instruction, il n'y aurait pas eu de procès (...) et on ne pourra plus aller au bout de la recherche de la vérité", a-t-il ajouté.
Emmanuelle Perreux, présidente du Syndicat de la magistrature (gauche), a abondé dans le même sens.
"L'ordonnance de la juge Simeoni a l'avantage de montrer que la justice ne cède pas aux pressions. Le rôle de la justice c'est de permettre un débat, un procès public. On ne doit pas avoir l'impression que les décisions sont rendues dans l'opacité, ce qui sape la confiance", a-t-elle dit à Reuters.
Annoncée en janvier 2009 par Nicolas Sarkozy et proposée formellement en septembre par une commission de réflexion constituée par le gouvernement, la suppression du juge d'instruction est en préparation au ministère de la Justice.
Michèle Alliot-Marie a annoncé un avant-projet début 2010 et un passage au Parlement du projet à l'été prochain.
S'il est adopté, les procureurs, nommés en conseil des ministres sur décret du chef de l'Etat, soumis hiérarchiquement au ministère de la Justice et qui peuvent recevoir des ordres du gouvernement, maîtriseront tout le processus pénal.
Ils décideront d'ouvrir ou non des enquêtes, conduiront les investigations, soutiendront l'accusation au procès et mettront les peines à exécution.
OPPOSITION DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL ?
Le gouvernement explique que ce projet a pour but d'améliorer les droits de la défense.
Mais les syndicats de magistrats estiment qu'il vise à mettre fin aux "affaires" politico-financières visant l'Etat, les dirigeants politiques et les grandes sociétés.
Le Syndicat de la magistrature a publié cette semaine une lettre ouverte où il recense une vingtaine de dossiers où un juge d'instruction a permis un procès ou des poursuites dans ces cas malgré l'opposition du parquet.
Cela a été le cas dernièrement pour l'ancien patron de Vivendi-Universal Jean-Marie Messier, renvoyé en correctionnelle contre l'avis du procureur, ou pour deux neveux du président tunisien Zine el Abidine ben Ali, jugés par défaut pour un vol de yachts de luxe malgré l'opposition du procureur.
Le cas du renvoi en justice de l'ancien maire de Paris Jean Tiberi pour fraude électorale, où il a finalement été condamné à trois ans d'inéligibilité malgré une abstention volontaire du parquet, qui n'a pas pris de réquisitions, est aussi cité.
Le projet est mis en cause par le président du Conseil constitutionnel Jean-Louis Debré, lui-même ancien juge d'instruction, qui a fait connaître pour la première fois au début du mois ses réticences sur ce projet.
Il le juge contraire, s'il n'est pas aménagé, au principe de séparation des pouvoirs, ce qui laisse entrevoir la possibilité d'une censure par les "sages" de la Cour.
Sur le même sujet, la Cour européenne des droits de l'homme a annoncé qu'elle rendrait "au premier trimestre de 2010" un arrêt en appel portant notamment sur le parquet français, a déclaré une source au Conseil de l'Europe.
Dans la décision de première instance en 2008, relative à l'arrestation de trafiquants de drogue en mer en 2002, la Cour a estimé que le procureur français ne constituait pas une autorité judiciaire, car il lui manquait l'indépendance à l'égard du pouvoir exécutif.
Posons-nous la seule question évidente, pourquoi Sarkozy tient-il donc tant à la suppression des juges d'instruction ? Outre qu'ils ne semblent pas être aux ordres du monarque, s'interrogerait-on sur son appartement de l'île de la Jatte ? s'intéresserait-on à SA gestion de l'EPAD ? ou à celle de la mairie de Neuilly ? ou encore à celle des Hauts de Seine ? s'agirait-il de dédouaner ses amis Balkany ? ses potes Bolloré, Bouygues, Lagardère, Arnault... ses affidés les banquiers ? Enfin toutes gens particulièrement pourvus en Euros et dépourvus de la moindre éthique ?
samedi 31 octobre 2009
vendredi 1 mai 2009
Bachelololo ou la ruine de NOTRE santé.
Les média n'ont pas fait de gorges chaudes des 6000 (!) décès supplémentaires de personnes âgées durant l'hiver, que voulez-vous, l'Abbé Pierre est mort et son successeur est au gouvernement. Qu'espériez-vous ? que les sinistres affairistes nous expliquent comment ils ont géré la misère programmée de l'hôpital public ?
Voici les sinistres réalités :
- La France est passée en 2 ans de la première place européenne en matière d'accès aux soins à la dixième !
EN 2 ANS Sarkozy et ses sbires ont réussi d'après leur philosophie un exploit : faire passer de vie à trépas un des meilleurs et des plus performants service de santé de la planète.
- Le déficit de la sécurité sociale ressemble au tonneau des Danaïdes pourtant, si je me souviens bien entre 1997 et 2002, il avait été comblé. Cherchez l'erreur !
- Les malheureuses victimes de ce saccage sont principalement les personnes âgées, clientes des services d' urgences dont le personnel a été réduit de façon drastique !
- L'intention de ces misérables est d'une simplicité biblique : privatiser TOUT le système de santé pour gaver les assureurs.
Voici les sinistres réalités :
- La France est passée en 2 ans de la première place européenne en matière d'accès aux soins à la dixième !
EN 2 ANS Sarkozy et ses sbires ont réussi d'après leur philosophie un exploit : faire passer de vie à trépas un des meilleurs et des plus performants service de santé de la planète.
- Le déficit de la sécurité sociale ressemble au tonneau des Danaïdes pourtant, si je me souviens bien entre 1997 et 2002, il avait été comblé. Cherchez l'erreur !
- Les malheureuses victimes de ce saccage sont principalement les personnes âgées, clientes des services d' urgences dont le personnel a été réduit de façon drastique !
- L'intention de ces misérables est d'une simplicité biblique : privatiser TOUT le système de santé pour gaver les assureurs.
Besson le félon frappe encore !
1er mai 2009
M. BESSON, MINISTRE DE LA MALTRAITANCE DES ENFANTS ?
NÎMES : LE BEBE DE 4 MOIS MAINTENU EN PRISON
Jeudi 30 avril, le Juge des libertés de Nîmes décide la libération de la famille BAKHSHIYAN, le père, la mère et deux enfants, 9 ans et un bébé de 4 mois. Ouf ! pourrait-on se dire, la justice fait son travail avec humanité.
Mais le gouvernement, particulièrement ses ministres de la Chasse à l’Enfant et de la « justice » ne renoncent pas à enfermer les bébés, ni à expulser. Le Procureur, magistrat soumis à l’autorité du ministre, fait appel de cette décision. Arsen, 4 mois, son frère et ses parents restent enfermés dans la prison pour étrangers, dans un lieu que le ministre a jugé parfaitement adapté dans ses déclarations publiques ! Que n’y envoie-t-il ses enfants ou ses petits enfants !
Monsieur Bakhshiyan est arménien, né en Azerbaïdjan, il s’est marié en Russie avec une Russe, Alexandre est né en Russie, Arsen est né en France. Faut-il renvoyer l'homme en Arménie, ou en Azerbaïdjan, la femme en Russie avec Alexandre, et Arsen doit-il être coupé en deux ?
Monsieur Besson vante partout son action, il en est à se vanter aussi de traquer les bébés ! Est-ce cela la lutte contre les passeurs ? Va-t-il mettre en garde à vue tous les « aidants» qui réclament la libération de cette famille et sa régularisation ?
Sans compter que le droit n’est pas vraiment de son côté. Dans une affaire précédente d'enfermement d’un bébé en CRA, libération par le juge, appel du procureur sur demande de la préfecture, la cour d’appel avait libéré la famille en argumentant longuement. Mais le gouvernement et le ministère s’assoient sur la jurisprudence, sur les recommandations de la CNDS, sur les conventions internationales quand elles gênent la chasse aux sans papiers, enfants compris. Voir les documents en annexe.
Cela étant, on a cru quelques heures ce matin (1er mai) que les choses évoluaient : la famille a été extraite de sa prison et conduite à l’hôpital. On a cru à une décision humanitaire, ce n’était qu’une précaution destinée à se couvrir en cas de pépin : on apprend à l’instant (1er mai 13h30) que les Bakhshiyan, parents et enfants, sont ramenés en prison administrative. Ils y resteront jusqu’au lundi 4 mai, date à laquelle la cour d’appel statuera sur leur libération ou leur maintien.
A en juger par ses déclarations justifiant l’arrestation de la famille Bakhshiyan, Monsieur Besson, le ministre qui emprisonne les bébés, doit être très satisfait.
M. BESSON, MINISTRE DE LA MALTRAITANCE DES ENFANTS ?
NÎMES : LE BEBE DE 4 MOIS MAINTENU EN PRISON
Jeudi 30 avril, le Juge des libertés de Nîmes décide la libération de la famille BAKHSHIYAN, le père, la mère et deux enfants, 9 ans et un bébé de 4 mois. Ouf ! pourrait-on se dire, la justice fait son travail avec humanité.
Mais le gouvernement, particulièrement ses ministres de la Chasse à l’Enfant et de la « justice » ne renoncent pas à enfermer les bébés, ni à expulser. Le Procureur, magistrat soumis à l’autorité du ministre, fait appel de cette décision. Arsen, 4 mois, son frère et ses parents restent enfermés dans la prison pour étrangers, dans un lieu que le ministre a jugé parfaitement adapté dans ses déclarations publiques ! Que n’y envoie-t-il ses enfants ou ses petits enfants !
Monsieur Bakhshiyan est arménien, né en Azerbaïdjan, il s’est marié en Russie avec une Russe, Alexandre est né en Russie, Arsen est né en France. Faut-il renvoyer l'homme en Arménie, ou en Azerbaïdjan, la femme en Russie avec Alexandre, et Arsen doit-il être coupé en deux ?
Monsieur Besson vante partout son action, il en est à se vanter aussi de traquer les bébés ! Est-ce cela la lutte contre les passeurs ? Va-t-il mettre en garde à vue tous les « aidants» qui réclament la libération de cette famille et sa régularisation ?
Sans compter que le droit n’est pas vraiment de son côté. Dans une affaire précédente d'enfermement d’un bébé en CRA, libération par le juge, appel du procureur sur demande de la préfecture, la cour d’appel avait libéré la famille en argumentant longuement. Mais le gouvernement et le ministère s’assoient sur la jurisprudence, sur les recommandations de la CNDS, sur les conventions internationales quand elles gênent la chasse aux sans papiers, enfants compris. Voir les documents en annexe.
Cela étant, on a cru quelques heures ce matin (1er mai) que les choses évoluaient : la famille a été extraite de sa prison et conduite à l’hôpital. On a cru à une décision humanitaire, ce n’était qu’une précaution destinée à se couvrir en cas de pépin : on apprend à l’instant (1er mai 13h30) que les Bakhshiyan, parents et enfants, sont ramenés en prison administrative. Ils y resteront jusqu’au lundi 4 mai, date à laquelle la cour d’appel statuera sur leur libération ou leur maintien.
A en juger par ses déclarations justifiant l’arrestation de la famille Bakhshiyan, Monsieur Besson, le ministre qui emprisonne les bébés, doit être très satisfait.
dimanche 1 mars 2009
vendredi 27 février 2009
Radio Paris ment, radio Paris ment...
L'agité considère les enseignants (dixit lui-même) : "Les enseignants sont insupportables, infréquentables, HAÏSSABLES. C'est bien simple, lorsque je visite une école, je demande toujours à voir les femmes de ménage, et les cantinières et je leur serre la main car ce sont les seuls gens normaux de l'établissement".
Ce triste pantin du MEDEF devrait quand même se rappeler que près de 45 % des enseignants (des Besson en puissance) ont voté pour lui ! Mais quand on est d'une inculture crasse, il est certain que la connaissance fait peur.
Et voici ce qu'il ose claironner dans les média mis à sa botte : "On demande à l'école de compenser les malheurs de l'humanité (sans doute la traque des enfants sans papiers à la sortie des mêmes écoles) et en même temps on respecte de moins en moins les enseignants. Je veux restaurer leur autorité et leur donner leur vraie place dans la société".
J'ai 56 ans, j'attends donc ma Rolex !
Ce triste pantin du MEDEF devrait quand même se rappeler que près de 45 % des enseignants (des Besson en puissance) ont voté pour lui ! Mais quand on est d'une inculture crasse, il est certain que la connaissance fait peur.
Et voici ce qu'il ose claironner dans les média mis à sa botte : "On demande à l'école de compenser les malheurs de l'humanité (sans doute la traque des enfants sans papiers à la sortie des mêmes écoles) et en même temps on respecte de moins en moins les enseignants. Je veux restaurer leur autorité et leur donner leur vraie place dans la société".
J'ai 56 ans, j'attends donc ma Rolex !
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vendredi 12 décembre 2008
Le rêve de Darcozy !
La journée d’Enzo : 2 septembre 2012.
Enzo est assis à sa place, parmi ses 42 camarades de CP. Il porte la vieille blouse de son frère, éculée, tachée, un peu grande. Celle de Jean-Emilien, au premier rang, est toute neuve et porte le logo d'une grande marque automobile. La maitresse parle, mais il a du mal à l'entendre, du fond de la classe. Trop de bruit. La maitresse est une remplaçante, une dame en retraite qui vient remplacer leur maîtresse en congés maternité. Il ne se souvient pas plus de son nom qu'elle ne se souvient du sien. Sa maitresse a fait la rentrée, il y a trois semaines, puis est partie en congés. La vieille dame de 69 ans est là depuis lundi, elle est un peu sourde, mais gentille. Plus gentille que l'intérimaire avant elle. Il sentait le vin et criait fort. Puis il expliquait mal. Du coup Enzo ne comprend pas bien pourquoi B et A font BA, mais pas dans BANC ni dans BAIE ; ni la soustraction ; ni pourquoi il doit connaître toutes les dates des croisades. On l'a mis sur la liste des élèves en difficulté, car il a rate sa première évaluation. Il devra rester de 12 h à 12 h 30 pour le soutien. Sans doute aussi aux vacances.
Hier, il avait du mal à écouter la vieille dame, pendant le soutien ; son ventre gargouillait. Quand il est arrive à la cantine, il ne restait que du pain. Il l'a mangé sous le préau avec ceux dont les parents ne peuvent déjà plus payer la cantine. Il a commence l'école l'an dernier, à 6 ans. L'école maternelle n'est plus obligatoire, c'est un choix des mairies, et la mairie de son village ne pouvait pas payer pour maintenir une école. Son cousin Brice a eu plus de chance : il est allé à l'école privée à 3 ans, mais ses parents ont dû payer. La sieste, l'accueil et le goûter n'existent plus, place à la morale, à l'alphabet ; il faut vouvoyer les adultes, obéir, ne pas parler et apprendre à se taire, se débrouiller seul pour les habits et les toilettes : pas assez de personnel. Les enseignants, mal payés par la commune, gèrent leurs quarante à cinquante élèves chacun comme une garderie. L'école privée en face a une vraie maternelle, mais seuls les riches y ont accès. Mais Brice a moins de mal, malgré tout, à comprendre les règles de l'école et ses leçons de CP. En plus, le soir il va à des cours particuliers, car ses parents ne peuvent pas l'aider pour les devoirs, ils font trop d'heures supplémentaires. Mais Enzo a toujours plus de chance que son voisin Kevin : il doit se lever plus tôt et livrer les journaux avant de venir à l'école, pour aider son grand-père, qui n'a presque pas de retraite.
Enzo est au fond de la classe. La chaise à côté de lui est vide. Son ami Saïd est parti, son père a été expulsé le lendemain du jour où le directeur de l’école (un gendarme en retraite choisi par le maire) a rentré le dossier de Saïd dans Base Elèves. Il ne reviendra jamais.
Enzo n'oubliera jamais son ami pleurant dans le fourgon de la police, à côté de son père menotté. Il parait qu'il n'avait pas de papiers... Enzo fait très attention : chaque matin il met du papier dans son cartable, dans le sac de sa maman et dans celui de son frère !
Du fond, Enzo ne voit pas bien le tableau. Il est trop loin, et il a besoin de lunettes. Mais les lunettes ne sont plus remboursées. Il faut payer l'assurance, et ses parents n'ont pas les moyens. L'an prochain Enzo devra prendre le bus pour aller à l'école. Il devra se lever plus tôt. Et rentrer plus tard. L'EPEP (établissements publics d'enseignement primaire) qui gère son école a décidé de regrouper les CP dans le village voisin, pour économiser un poste d’enseignant. Ils seront 45 par classe. Que des garçons. Les filles sont dans une autre école. Enzo se demande si après le CM2 il ira au collège ou, comme son grand frère Theo, en centre de préformation professionnelle. Peut-être que les cours en atelier seront moins ennuyeux que toutes ces leçons à apprendre par cœur. Mais sa mère dit qu'il n'y a plus de travail, que ça ne sert à rien. Le père d'Enzo a dû aller travailler en Roumanie, l'usine est; partie là-bas. Il ne l'a pas vu depuis des mois. La délocalisation, ça s'appelle, à cause de la mondialisation. Pourtant la vieille dame disait hier que c'est très bien, la mondialisation, que ça apportait la richesse. Ils sont fous, ces Roumains !
Il lui tarde d'être en recréation. ll retrouvera Cathy, la jeune sœur de maman. Elle fait sa deuxième année de stage pour être maitresse dans l'école, dans la classe de monsieur Luc. Il remplace monsieur Jacques, qui a été renvoyé, car il avait fait grève. On dit que c‘était un syndicaliste qui faisait de la pédagogie. Il y avait aussi madame Paulette en CP ; elle apprenait à lire aux enfants avec des vrais livres ; un inspecteur venait régulièrement la gronder ; elle a fini par démissionner. Cathy a les yeux cernés : le soir elle est serveuse dans un café, car sa formation n'est pas payée. Elle dit : << A 28 ans et un bac +5, servir des bières le soir et faire la classe la journée, c'est épuisant. »
Surtout qu'elle dort dans le salon chez Enzo, elle n'a pas assez d'argent pour se payer un loyer.
Apres la récréation, il y a le cours de religion et de morale, avec l'abbé Georges. Il faut lui réciter la vie de Jeanne d'Arc et les dix commandements par cœur. C'est lui qui organise le voyage scolaire à Lourdes, à Pâques. Sauf pour ceux qui seront convoqués pour le soutien...
Enzo se demande pourquoi il est là...
Pourquoi Saïd a dû partir
Pourquoi Cathy et sa mère pleurent la nuit.
Pourquoi et comment les usines s'en vont en emportant le travail.
Pourquoi ils sont si nombreux en classe.
Pourquoi il n'a pas une maîtresse toute l'année.
Pourquoi il devra prendre le bus.
Pourquoi il passe ses vacances à faire des stages.
Pourquoi on le punit ainsi.
Pourquoi il n'a pas de lunettes.
Pourquoi il a faim.
Projection basée sur les textes actuels, les expérimentations en cours et les annonces du gouvernement trouvées sur le net.
Si vous ne voulez pas que vos enfants, petits-enfants, neveux, nièces, petits voisins, ... deviennent des copains de classe de ce petit Enzo ! Il faut que tout le monde prenne conscience de ce qui les attend à plus ou moins court terme !
Il faut que le ministère arrête de détruire l'Education Nationale !!!
Merci pour eux.
"Le monde sommeille par manque d'imprudence " (Brel)
Enzo est assis à sa place, parmi ses 42 camarades de CP. Il porte la vieille blouse de son frère, éculée, tachée, un peu grande. Celle de Jean-Emilien, au premier rang, est toute neuve et porte le logo d'une grande marque automobile. La maitresse parle, mais il a du mal à l'entendre, du fond de la classe. Trop de bruit. La maitresse est une remplaçante, une dame en retraite qui vient remplacer leur maîtresse en congés maternité. Il ne se souvient pas plus de son nom qu'elle ne se souvient du sien. Sa maitresse a fait la rentrée, il y a trois semaines, puis est partie en congés. La vieille dame de 69 ans est là depuis lundi, elle est un peu sourde, mais gentille. Plus gentille que l'intérimaire avant elle. Il sentait le vin et criait fort. Puis il expliquait mal. Du coup Enzo ne comprend pas bien pourquoi B et A font BA, mais pas dans BANC ni dans BAIE ; ni la soustraction ; ni pourquoi il doit connaître toutes les dates des croisades. On l'a mis sur la liste des élèves en difficulté, car il a rate sa première évaluation. Il devra rester de 12 h à 12 h 30 pour le soutien. Sans doute aussi aux vacances.
Hier, il avait du mal à écouter la vieille dame, pendant le soutien ; son ventre gargouillait. Quand il est arrive à la cantine, il ne restait que du pain. Il l'a mangé sous le préau avec ceux dont les parents ne peuvent déjà plus payer la cantine. Il a commence l'école l'an dernier, à 6 ans. L'école maternelle n'est plus obligatoire, c'est un choix des mairies, et la mairie de son village ne pouvait pas payer pour maintenir une école. Son cousin Brice a eu plus de chance : il est allé à l'école privée à 3 ans, mais ses parents ont dû payer. La sieste, l'accueil et le goûter n'existent plus, place à la morale, à l'alphabet ; il faut vouvoyer les adultes, obéir, ne pas parler et apprendre à se taire, se débrouiller seul pour les habits et les toilettes : pas assez de personnel. Les enseignants, mal payés par la commune, gèrent leurs quarante à cinquante élèves chacun comme une garderie. L'école privée en face a une vraie maternelle, mais seuls les riches y ont accès. Mais Brice a moins de mal, malgré tout, à comprendre les règles de l'école et ses leçons de CP. En plus, le soir il va à des cours particuliers, car ses parents ne peuvent pas l'aider pour les devoirs, ils font trop d'heures supplémentaires. Mais Enzo a toujours plus de chance que son voisin Kevin : il doit se lever plus tôt et livrer les journaux avant de venir à l'école, pour aider son grand-père, qui n'a presque pas de retraite.
Enzo est au fond de la classe. La chaise à côté de lui est vide. Son ami Saïd est parti, son père a été expulsé le lendemain du jour où le directeur de l’école (un gendarme en retraite choisi par le maire) a rentré le dossier de Saïd dans Base Elèves. Il ne reviendra jamais.
Enzo n'oubliera jamais son ami pleurant dans le fourgon de la police, à côté de son père menotté. Il parait qu'il n'avait pas de papiers... Enzo fait très attention : chaque matin il met du papier dans son cartable, dans le sac de sa maman et dans celui de son frère !
Du fond, Enzo ne voit pas bien le tableau. Il est trop loin, et il a besoin de lunettes. Mais les lunettes ne sont plus remboursées. Il faut payer l'assurance, et ses parents n'ont pas les moyens. L'an prochain Enzo devra prendre le bus pour aller à l'école. Il devra se lever plus tôt. Et rentrer plus tard. L'EPEP (établissements publics d'enseignement primaire) qui gère son école a décidé de regrouper les CP dans le village voisin, pour économiser un poste d’enseignant. Ils seront 45 par classe. Que des garçons. Les filles sont dans une autre école. Enzo se demande si après le CM2 il ira au collège ou, comme son grand frère Theo, en centre de préformation professionnelle. Peut-être que les cours en atelier seront moins ennuyeux que toutes ces leçons à apprendre par cœur. Mais sa mère dit qu'il n'y a plus de travail, que ça ne sert à rien. Le père d'Enzo a dû aller travailler en Roumanie, l'usine est; partie là-bas. Il ne l'a pas vu depuis des mois. La délocalisation, ça s'appelle, à cause de la mondialisation. Pourtant la vieille dame disait hier que c'est très bien, la mondialisation, que ça apportait la richesse. Ils sont fous, ces Roumains !
Il lui tarde d'être en recréation. ll retrouvera Cathy, la jeune sœur de maman. Elle fait sa deuxième année de stage pour être maitresse dans l'école, dans la classe de monsieur Luc. Il remplace monsieur Jacques, qui a été renvoyé, car il avait fait grève. On dit que c‘était un syndicaliste qui faisait de la pédagogie. Il y avait aussi madame Paulette en CP ; elle apprenait à lire aux enfants avec des vrais livres ; un inspecteur venait régulièrement la gronder ; elle a fini par démissionner. Cathy a les yeux cernés : le soir elle est serveuse dans un café, car sa formation n'est pas payée. Elle dit : << A 28 ans et un bac +5, servir des bières le soir et faire la classe la journée, c'est épuisant. »
Surtout qu'elle dort dans le salon chez Enzo, elle n'a pas assez d'argent pour se payer un loyer.
Apres la récréation, il y a le cours de religion et de morale, avec l'abbé Georges. Il faut lui réciter la vie de Jeanne d'Arc et les dix commandements par cœur. C'est lui qui organise le voyage scolaire à Lourdes, à Pâques. Sauf pour ceux qui seront convoqués pour le soutien...
Enzo se demande pourquoi il est là...
Pourquoi Saïd a dû partir
Pourquoi Cathy et sa mère pleurent la nuit.
Pourquoi et comment les usines s'en vont en emportant le travail.
Pourquoi ils sont si nombreux en classe.
Pourquoi il n'a pas une maîtresse toute l'année.
Pourquoi il devra prendre le bus.
Pourquoi il passe ses vacances à faire des stages.
Pourquoi on le punit ainsi.
Pourquoi il n'a pas de lunettes.
Pourquoi il a faim.
Projection basée sur les textes actuels, les expérimentations en cours et les annonces du gouvernement trouvées sur le net.
Si vous ne voulez pas que vos enfants, petits-enfants, neveux, nièces, petits voisins, ... deviennent des copains de classe de ce petit Enzo ! Il faut que tout le monde prenne conscience de ce qui les attend à plus ou moins court terme !
Il faut que le ministère arrête de détruire l'Education Nationale !!!
Merci pour eux.
"Le monde sommeille par manque d'imprudence " (Brel)
jeudi 11 décembre 2008
Grenelle de l'environnement acte Xème de la farce Borlooesque !
Monsanto, la FNSEA, les bétonneurs, ... De fait tous les pollueurs nationaux en avait rêvé : Borloo l'a fait !
L'Institut Français de l'environnement (IFEN) vient d'être rayé d'un trait de plume hautement toxique !
L'IFEN, empêcheur de polluer en rond depuis 17 ans, qui par ses rapports avait souvent contraint la France à ne pas s'asseoir sur les directives européennes, qui nous a obligé à ouvrir les yeux sur les pratiques mortifères de l'agriculture intensive, qui a dénoncé le bétonnage de nos côtes, la pollution hallucinante due aux lisiers des élevages porcins. L'IFEN dis-je est passée de vie à trépas !
Bof, me direz-vous, il ne s'agit que du énième déculottage gouvernemental devant les industriels de la chimie, de l'agriculture ou du béton sans oublier les amis de 30 ans, la Libye, la Chine, les banquiers, les actionnaires... Je m'arrête la liste me donne des nausées !
Une petite information supplémentaire tout de même : ces banques exsangues qui vont nous coûter la bagatelle de 360 milliards d'Euros ont vu leurs marges bénéficiaires sur les prêts augmenter durant la crise (jusqu'à 498 % sur les prêts immobiliers). Cherchez l'erreur mes bons amis !
L'Institut Français de l'environnement (IFEN) vient d'être rayé d'un trait de plume hautement toxique !
L'IFEN, empêcheur de polluer en rond depuis 17 ans, qui par ses rapports avait souvent contraint la France à ne pas s'asseoir sur les directives européennes, qui nous a obligé à ouvrir les yeux sur les pratiques mortifères de l'agriculture intensive, qui a dénoncé le bétonnage de nos côtes, la pollution hallucinante due aux lisiers des élevages porcins. L'IFEN dis-je est passée de vie à trépas !
Bof, me direz-vous, il ne s'agit que du énième déculottage gouvernemental devant les industriels de la chimie, de l'agriculture ou du béton sans oublier les amis de 30 ans, la Libye, la Chine, les banquiers, les actionnaires... Je m'arrête la liste me donne des nausées !
Une petite information supplémentaire tout de même : ces banques exsangues qui vont nous coûter la bagatelle de 360 milliards d'Euros ont vu leurs marges bénéficiaires sur les prêts augmenter durant la crise (jusqu'à 498 % sur les prêts immobiliers). Cherchez l'erreur mes bons amis !
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Grenelle ou grenouillage et tripatouillage de la vérité ?
Toutes les télés vous le disent (sauf Canal+), nous avons réalisé une prouesse environnementale.
L'avenir de la planète est sauf ! Merci Nicolas !
Mais, je n'y vois que quelques mesures qui n'engagent que ceux qui y croient.
Aucun calendrier, aucun budget, la plupart des mesures déjà énoncées par l'union européenne et auxquelles nous étions obligés de nous conformer sous peine d'amendes salées. Merci Nicolas !
Quelques exemples :
- Moratoire sur les OGM jusqu'au printemps, superbe et généreux ! Mais quand ensemence-t-on les champs ? Les dirigeants de la FNSEA ont prévenu : sans loi, ils planteront ! Merci Nicolas !
- Halte à la réalisation d'autoroutes ! Pourtant Bussereau ci-devant "ministre des transports" vient d'annoncer la construction d'un nouveau ! Merci Nicolas !
J'arrête avant d'avoir la nausée, je ne vous dirai rien des pesticides, de l'état des nappes phréatiques, du nombre de porcs, du lobby industriel (600 millions d'Euros de cagnotte pour l'IUMM, il y a de quoi influencer les médias, non ?) Je n'écrirai rien sur le scandale de l'amiante. Je ne parlerai pas du conseil des ministres décentralisé (2 000 hommes déplacés, 1 pour 35 habitants, bonjour les émanations de carbone). Je ne m'étendrai pas sur les "bio"carburants qui nous privent de blé et de lait.
Enfin pour l'ensemble de cette œuvre : MERCI NICOLAS !
L'avenir de la planète est sauf ! Merci Nicolas !
Mais, je n'y vois que quelques mesures qui n'engagent que ceux qui y croient.
Aucun calendrier, aucun budget, la plupart des mesures déjà énoncées par l'union européenne et auxquelles nous étions obligés de nous conformer sous peine d'amendes salées. Merci Nicolas !
Quelques exemples :
- Moratoire sur les OGM jusqu'au printemps, superbe et généreux ! Mais quand ensemence-t-on les champs ? Les dirigeants de la FNSEA ont prévenu : sans loi, ils planteront ! Merci Nicolas !
- Halte à la réalisation d'autoroutes ! Pourtant Bussereau ci-devant "ministre des transports" vient d'annoncer la construction d'un nouveau ! Merci Nicolas !
J'arrête avant d'avoir la nausée, je ne vous dirai rien des pesticides, de l'état des nappes phréatiques, du nombre de porcs, du lobby industriel (600 millions d'Euros de cagnotte pour l'IUMM, il y a de quoi influencer les médias, non ?) Je n'écrirai rien sur le scandale de l'amiante. Je ne parlerai pas du conseil des ministres décentralisé (2 000 hommes déplacés, 1 pour 35 habitants, bonjour les émanations de carbone). Je ne m'étendrai pas sur les "bio"carburants qui nous privent de blé et de lait.
Enfin pour l'ensemble de cette œuvre : MERCI NICOLAS !

